Cazals-des-Bayles: JEMA et découverte d'un vieux métier d'aujourd'hui, la vannerie
Les Journées Européennes des Métiers d’Art (JEMA) mettent en relief la diversité et le dynamisme des métiers d’art en France et dans dix pays européens.
Déclinée sur le thème «Territoires de l’innovation», la neuvième édition programmée du 27 au 29 mars 2015 invite le grand public, au travers d’une programmation diversifiée et innovante, à découvrir la matière, les techniques, les démonstrations de savoir-faire, l’innovation, le partage, l’orientation ou la transmission...
Ce rendez-vous annuel unique est pour les professionnels une véritable opportunité, car il permet de participer à un événement dédié, de se faire connaître du public et par conséquent de futurs clients et prescripteurs, d’échanger et partager avec les visiteurs. Cet après-midi à Cazals-des-Bayles, une trentaine de personnes ont répondu à l’invitation du Pays d’art et d’histoire des Pyrénées cathares.
La vannerie: les usages d’antan et ceux d’aujourd’hui
Accueillis salle du conseil municipal, Laurence Nautré (vannière à Besset — Lolosier), Marina Salby guide conférencière du PAH (qui a présenté ce pan méconnu de l’histoire locale) et Gérard Garrigues qui, outre ses talents de musicien, conteur et transmetteur de mémoire occitane, s’intéresse à l’osier vivant, ont pu donner des clés de lecture a leur public.
D’autant qu’une exposition montée par Gérard Garrigues permettait de découvrir les origines de l’osier et sa transformation dans l’art contemporain ou la mode (par exemple).
La vannerie (art de tresser des fibres végétales pour obtenir des objets très variés) est une activité très ancienne dont on conserve peu de traces parce qu’elle utilise des matériaux qui sont amenés à disparaître.
On sait pourtant qu’au cours des deux siècles derniers, tous les foyers étaient équipés d’objets en vannerie: paniers, corbeilles, fauteuils, chaises, malles… de différentes formes et pour différents usages. Ils ont été remplacés et le métier a disparu ou presque…
Ainsi que l’a rappelé Marina Salby, la vannerie a occupé une place non négligeable dans la vallée de l’Hers. Le saule est très présent sur les bords de l’Hers où il forme de vrais taillis.
La matière première de la vannerie est disponible, on la trouve sur les terrains marécageux des bords de la rivière («breils»). Il s’agit d’abord d’une activité domestique à laquelle se livrent les familles, mais aussi de manière plus importante.
On la trouve dans les statistiques industrielles de Mirepoix. En 1836, on relève onze vanniers, dont deux veuves.
Quelques personnes conservent ce savoir-faire
C’est le cas de Laurence Nautré. Formée pendant 3 ans par des vanniers issus de l’ENOV (École Nationale d’Osiériculture et de Vannerie), elle s’est installée en 2009 sur la commune de Besset. Elle a ouvert son atelier — Lolosier — où elle fabrique des objets originaux alliant technique et tradition, esthétique et qualité. Les démonstrations se sont poursuivies à l’extérieur, avec un autre vannier, dans un champ bordant la mairie.
Gérard Garrigues aime se définir comme «vimiculteur» en hommage au monde viticole, car autrefois dans les vignobles on plantait un pied d’osier qui servait à attacher les pieds de vigne, car ce lien naturel et biodégradable ne blessait pas les branches. Désormais vannier au moulin de Limbrassac, à la tête d’une exploitation de 15 000 osiers, soit une production de 2 tonnes par an qu’il destine à la vannerie ou à la réalisation de structures vivantes pour les jardins : haies tressées, gloriettes, etc...
Durant tout le weekend de nombreux ateliers d’artisans d’art ouvrent leurs portes en Ariège, à l’instar de Laurence Nautré à Besset, d’Art Mania à Mirepoix, de l’atelier céramique de Sibiyle à Sainte-Croix-Volvestre ou celui de la Maison Jaune à La Bastide de Sérou.
Vous pourrez les retrouver sur le lien suivant: www.journeesdesmetiersdart.fr
